Journée mondiale pour le droit de mourir dans la dignité, la France vers le chemin de la légalisation ?
Euthanasie active, passive, ou encore le suicide assisté ? Si parfois par des sondages comme celui de l’ADMD (v.article) font pensé qu’un consensus et possible, souvent lié a l’actualité, le passage a l’acte d’une reforme pose encore de nombreuses questions et division y comprit au cœur des partis politiques. Petit tour d'horizon d'une polémique également planétaire, comme en Australie, ou aux États-Unis et restent totalement tabou dans les pays arabes, ou les pays asiatiques. À cela deux facteurs essentiels, la relation avec la mort et sa conception religieuse, mais aussi le sentiment discutable quel reste parfois apparentée a un « meurtre ».
Si l’euthanasie passive et possible en France depuis 2004, l’euthanasie active reste impossible actuellement en France. Les récentes affaires Vincent Lambert ou du Dr X, ont néanmoins obligé les politiques a discuté a nouveau de ça mise en œuvre. Une promesse faite en 2012 par le candidat François HOLLANDE dans sa proposition 21, mais qui semble aujourd’hui semble décidée de revenir partiellement sur celle-ci.
Propostion de loi ou projet de loi la question n’est pas encore tranchée. François HOLLANDE qui cependant indiqué le 21 octobre, aux députés PRG qu’un texte serait déposé au Parlement en mars 2015. Une présentation qui devrait intervenir après la remise du rapport de la mission parlementaire sur la fin de vie y est en cours, présidé par Alain CLAYES et Jean LEONETTI qui déterminera les contours de cette loi.
L’euthanasie une tendance mondiale ?
Non, c’est le phénomène inverse que l’on observe. À l’échelle du monde on constate que les tentatives pour légaliser l’euthanasie ont échoué ces dernières années. Ainsi dans l’État du Maine en 2000, en Écosse en 2009. Aux États-Unis seuls les États de l’Oregon et l’État de Washington ont autorisé l’euthanasie passive, a contrario des autres des États où toutes formes reste interdites comme dans l’État du New Hampshire rejeté en janvier 2010.
Comme au Canada en avril 2010, où l'euthanasie volontaire, non volontaire ou involontaire est criminelle et punissable sous le chef d'accusation de meurtre, en Australie du Sud en novembre 2010, en Israël en janvier 2011. En Russie le poids de l’Église
orthodoxe qui a retrouvé son statut de religion d’État interdit toute forme active ou passive d’euthanasie.
Approches et tendance en Europe…
En Europe, la légalisation de l'euthanasie n'est pas les même partout, seuls sept pays l’interdisent totalement la Grèce, Pologne, l’Irlande, la Croatie, Bosnie Herzégovine, République tchèque et la Serbie Monténégro. Actuellement seuls trois pays autorisent la pratique de l’euthanasie active, les Pays-Bas en 2001, la Belgique en 2002 et le Luxembourg en 2009, représentent 27,7 millions d’habitants.
Les autres pratiquent l'euthanasie passive, mais considérant l'euthanasie active comme un crime passible d'emprisonnement ils sont au nombre de 11 parmi lesquels, Allemagne, Danemark, l’Italie, la Finlande la France, la Grande-Bretagne, la Hongrie, la Norvège, la Suède, la Suisse, et enfin l’Espagne.
L’euthanasie sous ces différentes formes
Le Code pénal français condamne indifféremment euthanasie active et passive. Pourtant, des différences capitales les distinguent.
L'euthanasie active suppose le geste d'un tiers qui administre à un malade une substance létale dans le but de provoquer la mort immédiatement.
A contrario, l'euthanasie passive traduit le renoncement aux traitements médicamenteux, l'interruption de l'alimentation ou de l'hydratation artificielle ou l'administration d'opiacés ou de sédatifs à haute dose, pouvant plonger le malade dans le coma et provoquer la mort au bout de quelques jours.
La frontière avec «le droit au laissé mourir» de la loi Leonetti de 2005 est mince. Celle-ci autorise un médecin, après avis collégial et autorisation des proches ou du patient, à appliquer un traitement antidouleur «qui peut avoir pour effet secondaire d’abréger sa vie», mais non de provoquer la mort...
Enfin, on parle de suicide assisté dans le cas où un tiers fournit au malade une substance mortelle, que ce dernier s'administre lui-même. C'est la voie qu'a choisie la Suisse.
Des religions fortement opposées !
Si au sein des chrétiens il peut exister certaines divergences, notamment au sein des nouvelles communautés, reste que les trois religions monothéistes restent fermement opposées à cette pratique.
L’Église catholique comme l’Église orthodoxe refuse à la fois l'acharnement thérapeutique, l'euthanasie active et l'euthanasie passive. On observe que les catholicismes refusent totalement l'euthanasie. "Quels qu'en soient les motifs et les moyens, l'euthanasie directe est moralement irrecevable. Elle constitue un meurtre gravement contraire à la dignité de la personne et au respect du Dieu Vivant, son Créateur », affirme un dernier communiqué du Vatican.
L’Islam estime lui également que l'heure de la mort dépend de Dieu, la pratique de l'euthanasie pour les musulmans est donc totalement interdite, mais ils ne sont pas contre le fait de soulager la douleur. "Il est interdit de donner la mort si ce n'est pas à bon droit" (c'est-à-dire la peine de mort pour le criminel).
Les juifs pour lequel il est défendu de hâter la vie d'un individu, celui qui détruit la vie même d'un instant, c'est comme s'il détruisait l'univers entier, « On peut atténuer les souffrances par des calmants si ceux-ci ne hâtent pas la mort à coup sûr ».
Pour le bouddhisme, la mort n'est pas la fin du continuum de l'esprit d'une personne. D'une manière générale, le bouddhisme considère néanmoins la suppression de la vie comme un acte négatif. En revanche, du point de vue du médecin, l'euthanasie peut être un acte de compassion, et son analyse devient délicate et complexe; la condamnation d'une euthanasie n'est pas automatique.
De grands maîtres du bouddhisme tibétain comme Kalou Rinpoché ou Dilgo Khyentse Rinpoché ne sont pas défavorables à l’euthanasie passive. En revanche, le 14e dalaï-lama met en garde contre l’euthanasie active, expliquant qu’en essayant d’échapper aux souffrances de cette vie, nous pourrions être confrontés à ces mêmes souffrances dans une vie future dans des conditions plus difficiles.
Plusieurs manifestations prévus en France
L’ADMD, qui revendique "plus de 50 300 membres", a lancé mercredi une campagne de presse pour rappeler au président de la République son "engagement 21". "François, fais comme la Hollande", clame un encart publié dans Libération, montrant la silhouette du président et précisant que "la Hollande a légalisé l'euthanasie dès 2001". Cette campagne va être "diffusée sur différents supports de presse", explique le président d'ADMD, Jean-Luc Romero, élu apparenté socialiste du conseil régional d'Ile-de-France.
L'ADMD qui appelle à un rassemblement à Paris le 2 novembre, date choisie comme Journée mondiale pour le droit de mourir dans la dignité et qui a annoncé plus d’une centaine de manifestations dans chaque département, des événements seront organisés pour attirer l'attention du public et des médias sur le sujet. Comme ici en Haute-Savoie, avec un peu d'avance. Un lâcher de ballon était organisé ce vendredi à l'occasion du passage dans le département du président de l'association.
De leurs côté les associations comme l'association Jérome LEJEUNE, ont prévus elle aussi plusieurs évenement a l'occasion de cette journée afin de faire entendre la voix de "la France et de la raison".
Stéphane LAGOUTIÉRE
Publication : 31/10/2014
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