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AVC première cause de handicap moteur seconde : Une urgence de santé publique encore trop méconnue

Départ de l'hélicoptère du SAMU 13 pour la prise en charge d'un patient Covid-19, Hôpitaux Universitaires à Marseille de la Timone (Illustration) © Timone AP-HM

Chaque 29 octobre, la Journée mondiale de l’accident vasculaire cérébral (AVC) rappelle l’ampleur d’un fléau qui bouleverse des millions de vies. Première cause de handicap acquis chez l’adulte, et première cause de décès chez la femme et deuxième chez l’homme, l’AVC reste encore trop souvent sous-estimé par la population, alors que chaque minute compte pour sauver des vies et limiter les séquelles. En France elle touche plus 160 000 personnes, et plus de 30 000 décès chaque année.

Un fléau mondial...
Selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), près de 15 millions de personnes sont victimes d’un AVC chaque année. Parmi elles, 6,5 à 7,3Image d'un accident vasculaire cérébral ischémique qui représentant environs 80 à 85 % des cas © Inserm/Ribeiro, Maria-Joao millions en meurent, et plus de 101 millions vivent avec des séquelles parfois lourdes. Si les pays à haut revenu enregistrent une baisse relative de l’incidence grâce à la prévention et aux progrès thérapeutiques, le nombre absolu de cas continue d’augmenter, porté par le vieillissement de la population et la transition vers les maladies chroniques. L’Asie et l’Afrique concentrent à elles seules 80 % de la charge mondiale. Une situation qu'une étude publiée en 2024 dans The Lancet Neurology a met en évidence un facteur aggravant inédit : la pollution atmosphérique par les particules fines, désormais identifiée comme un risque majeur d’hémorragie sous-arachnoïdienne, au même niveau que le tabagisme.

Le récent rapport mondial de l'Organisation mondiale de la Santé sur la neurologie (En Anglais), souligne que l'AVC est la principale affection neurologique contribuant à la dégradation de la santé dans le monde. Près de 10 millions de personnes vivent avec les séquelles d'un AVC. Le fardeau économique est immense et devrait atteindre 86 Mds € d'ici 2040 en l'absence de réformes urgentes.

Comprendre l’AVC…
Un AVC survient lorsqu’un vaisseau sanguin cérébral est obstrué (AVC ischémique, 80 à 85 % des cas) ou rompu (AVC hémorragique). Les symptômes sont soudains et doivent alerter immédiatement : paralysie d’un côté du corps, troubles du langage, perte de vision ou maux de tête intenses. La rapidité de la prise en charge est déterminante : chaque minute perdue aggrave le risque de séquelles irréversibles.

Tableau comparatif des statistiques principales AVC dans le monde vs France © FHI / HPI 2025Quels facteurs essentiels ?...
Parmi les quelques facteurs à risques essentielles il faut noter que les études des troubles du fonctionnement de l'organisme ou de ses parties, au cours des maladies (Physiopathologie) des AVC recouvre un cortège de facteurs de risque, dont la plupart sont aujourd’hui identifiés, modifiables et accessibles à la que les personnes âgées de 62 ans en moyenne.

Si certains peuvent être modifiable ou son lié aux comportements d’autres acteurs son non modifiables comme celui de l’âge sachant que le risque double à chaque décennie après chaque décennie après 55 ans. Mais aussi lié au sexe chez les sujets âgés, incidence absolue plus forte chez la femme du fait de leur longévité (bien que chez les moins de 70 ans, le risque soit plus élevé chez l’homme). Enfin celui des antécédents familiaux, pathologies cardiaques/congénitales, origine ethnique (certaines populations immigrées surreprésentées à cause de facteurs environnementaux et d’accès aux soins différencié).

Les nouveaux facteurs environnementaux ?
Le Dr Valery FEIGIN, directeur du National Institute for Stroke and Applied Neuroscience (NISAN) de l'Auckland Université de Technologie, et auteur principal de l'étude, a déclaré dans un communiqué : « La hausse mondiale du nombre de personnes ayant subi un accident vasculaire cérébral, qui en sont mortes ou qui sont restées handicapées à la suite de cet épisode, est rapide, ce qui suggère fortement que les stratégies de prévention desTableau des principaux facteurs de risque métaboliques et comportementaux poids relatif mondial 2021 © FHI / HPI 2025 accidents vasculaires cérébraux actuellement mises en œuvre ne sont pas assez efficaces ». Une étude qui démontre selon lui que ces « nouveaux facteurs », influaient sur la prévalence mondiale de trois types d'AVC : l'AVC ischémique, l'hémorragie intracérébrale et l'hémorragie sous-arachnoïdienne arrivant en deuxième positions dans les facteurs de causes des AVC pour 36,7 % d'entre eux.

Facteurs de risque : 90 % sont évitables…
Près de 90 % des AVC sont liés à dix facteurs de risque modifiables : hypertension artérielle, tabac, obésité abdominale, mauvaise alimentation, sédentarité, consommation excessive d’alcool, fibrillation atriale, diabète, excès de cholestérol et stress psychosocial. L’âge, le sexe et les antécédents familiaux constituent des facteurs non modifiables, mais la prévention reste la clé.

La France face au défi…
En Europe, plus de 1,1 million d’AVC surviennent chaque année, entraînant 460 000 décès et un coût économique estimé à 86 milliards d’euros d’iciUn tableau illustrant et structure présentant les principaux signes d'alerte premiers signes d'un accident vasculaire cerebral © FHI / HPI 2025 2040. En France, on dénombre plus de 160 000 cas annuels et 30 000 décès. Pourtant, la moitié seulement des patients sont hospitalisés dans des unités spécialisées neuro-vasculaires (UNV), malgré leur efficacité prouvée. La Cour des comptes a récemment dénoncé dans rapport (synthéses du rapport), publié le 28 octobre,  la méconnaissance persistante des signes d’alerte et le manque d’uniformité du parcours de soins (v. article). Elle appelle à de grandes campagnes audiovisuelles et à un nouveau plan national pour réduire les inégalités territoriales et sociales.

Les députés interpellent la Ministre…
Une situation de manque que met aussi en avant la Députée des Hautes-Alpes, Marie-José ALLEMAND (PS) à l’occasion de cette journée a interpellé la ministre de la Santé sur cette question. La députée interpellant sur l’absence de moyens suffisants, notamment dans les zones rurales soit totalement isolé afin de répondre à ces urgences médicales. « (…) ». La ministre de la Santé, Stéphanie RIST, qui n’aura que pour toute réponse des éléments techniques reconnaissant à la fin de son discours «…».

L’Europe lance un appel à l’action…
Le 14 octobre 2025, le Parlement européen a consacré un débat aux AVC, en partenariat avec l’Alliance européenne contre les AVC (SAFE) et l’Organisation européenne de lutte contre les AVC (ESO). Une manifestation organisée également avec la participation de personnes ayant une expérience vécue, des professionnels de la santé, des chercheurs, et des défenseurs des droits des victimes d'AVC. Les participants ont insisté sur l’urgence d’intégrer l’AVC dans les stratégies de santé cérébrale et cardiovasculaire, et sur la nécessité de renforcer la recherche, la prévention et l’accompagnement post-AVC et de lutter contre  des inégalités persistantes en matière de prévention, de traitement et de soins de longue durée en Europe qui enregistre chaque année plus de 1,1 million d'AVC, entraînant près de 460 000 décès.« Trop de vies sont interrompues prématurément ou bouleversées à jamais parce que l’accès à la prévention, aux traitements d’urgence, à la réadaptation et au soutien à long terme dépend du lieu de résidence », a déclaré Arlene WILLKIE, directrice générale de SAFE. « Avec la publication prochaine du Plan d’action européen contre les AVC, nous disposons désormais d’une feuille de route claire ». Ce dont nous avons besoin, c'est d'un leadership de l'UE pour aider les États membres à transformer ces données en actions. Une conférence s'appuyant sur une meilleure harmonisation des politiques de santé de l'UE et des pays nationaux autour de cinq axes clés.

Informer, prévenir, réagir...
L’AVC reste un défi mondial et national. Les progrès médicaux existent, mais ils ne suffiront pas sans une mobilisation collective. Pour mieux informer le public la Haute de Santé a elle publié un Guide des bonnes pratiques, un document qui complète également parmi les plus récent celui publié en 2023 sur les indicateurs pour l’amélioration de la qualité et de la sécurité des soins. Néanmoins chaque minute compte : agir vite, c’est sauver des vies et préserver l’autonomie.

• Informer le grand public sur les signes d’alerte.
• Prévenir par la lutte contre les facteurs de risque.
• Réagir vite en appelant immédiatement le 15 en cas de suspicion.

AVC : Un traitement innovant pour limiter les séquelles
Dans le cadre de la lutte contre les conséquences de l’accident vasculaire cérébral (AVC), une équipe de chercheurs dirigée par Denis VIVIEN et Thomas BONNARD (Inserm) a mis au point un agent théranostique ciblant les micro-caillots. Cette approche, qui associe thérapie et diagnostic, permet à la fois de détecter la maladie et d’appliquer un traitement spécifique.

Dénommé "IO@PDA@tPA", cet outil combine des microparticules d’oxyde de fer biodégradables et biocompatibles visibles en IRM, un revêtement de polydopamine capable de cibler les caillots sanguins, ainsi que le tPA, médicament de référence pour leur dissolution. Ce dispositif vise à repérer et dissoudre les micro-thrombi qui persistent après un AVC, responsables de perturbations de la microcirculation cérébrale et de l’aggravation des lésions.

Les essais menés chez la souris ont donné des résultats concluants. Selon le communiqué de l’équipe, ce nano-agent a permis de visualiser les micro-thrombi en temps réel par IRM, de dissoudre efficacement ces caillots avec une dose de tPA quatre fois inférieure au traitement standard, de réduire significativement la taille des lésions cérébrales et d’accélérer la récupération fonctionnelle sans accroître le risque hémorragique.

Cette étude démontre la faisabilité de l’intégration de l’imagerie moléculaire et du traitement au sein d’une même démarche. Elle ouvre la voie à une médecine de précision pour la prise en charge de l’AVC, offrant la possibilité aux cliniciens d’identifier, de quantifier et de traiter simultanément les obstructions cérébrales. Selon Denis VIVIEN, professeur à l’Université de Caen Normandie et directeur de l’unité PhIND (INSERM / UNICAEN / CHU de Caen / Cyceron), cette approche pourrait transformer la gestion de l’AVC en permettant un traitement plus précoce et personnalisé, tout en assurant un suivi en temps réel de son efficacité.

En conclusion…
L’accident vasculaire cérébral reste un défi de santé publique mondial majeur, en constante évolution. Sa prise en charge bénéficie aujourd’hui de progrès thérapeutiques et organisationnels majeurs, mais ceux-ci demeurent encore trop inégalement accessibles selon les pays, les territoires et les populations socio-économiquement défavorisées. Une situation confirmer à la fois par l’OMS, mais aussi au niveau Européen par différente organisation. Un constat ou la France elle-même n’est pas épargné par le manque par exemple de Spécialiste en neurologie au cœur de nos campagne comme l’indiqué la députée Marie-José ALLEMAND, qui faisait référence à la situation de son département aujourd’hui lors des questions au Gouvernement

Les progrès médicaux doivent aller de pair avec une lutte active contre la méconnaissance des risques, une prévention efficace, un renforcement des filières coordonnées et l’accompagnement post-AVC de qualité, pour réduire non seulement la mortalité mais aussi le fardeau du handicap.

 

Rédacteur(s) : Stéphane LAGOUTIÉRE
Source(s) : OMS – Assemblée nationale – Santé publique France – The LANCET – INSERM -- DRESS – Cours des comptes © HPI / FHI 2025
Catégorie : JOURNÉE MONDIALE
Publication : 29/10/2025
SantéJournée MondialePrévention santéPolitique de santéSanté publiqueAVCFrance AVCNeurologieSécurité sanitaireAccidents vasculaires cérébraux

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