Le Braille plus de siècles d’existence, a-t-il encore un avenir a l’heure du tout numérique ?
Pour célébrer la naissance de Louis Braille, le 4 janvier a été déclaré « Journée Mondiale du Braille » en 2001, date correspondant a la naissance de son inventeur Louis BRAILLE qui aura mis au point cette écriture destinée aux personnes mal et non-voyantes. Des déficients visuels qui dans le monde représentent plus de 00 millions de personnes. En France ils sont ainsi plus 2 millions de personnes de déficients visuels. Plus de deux siècles plus tard, qu’en est-il aujourd’hui de son usage, notamment à l’ère du numérique ? Nous faisons le point, avec le témoignage de Francis Rocher, formateur non-voyant en informatique adaptée à l’UNADEV, au centre régional de Toulouse.
Le Braille : Naissance d’une nouvelle écriture universelle et innovante …
Si le Braille porte aujourd’hui le nom de Louis BRAILLE, qui deviendra aveugle a la suite d’un accident dans les premières années de sa vie, il n’en pourtant pas l’inventeur, mais améliore le procédé qui eut vu le jour, en 1800, par
Charles BARBIER, appelée sonographie. Le système se basait uniquement sur les sons, ne prenant pas en compte l'orthographe, la ponctuation, les signes mathématiques... insatisfaits, Braille met en place son propre code alphabétique construit uniquement à partir de 2 rangées de 3 points, permettant 64 combinaisons comprenant l'alphabet, les accents, la ponctuation, les caractères musicaux... Plus de deux siècles plus tard, qu’en est-il aujourd’hui de son usage, notamment à l’ère du numérique ? Nous faisons le point, avec le témoignage de Francis Rocher, formateur non-voyant en informatique adaptée à l’UNADEV, au centre régional de Toulouse.
Pour, Francis ROCHER, non-voyant et formateur à l’UNADEV, souligne un esprit avant-gardiste celle d’un procédé dont Louis BRAILLE « a le mérite d’avoir pensé une 1ère écriture qui pouvait être lue par les non-voyants mais aussi utilisée comme une écriture, en cela c’est très utile. Avant il s’agissait de gros caractères en bois, comme en imprimerie, qu’on mettait les uns contre les autres. Or pour écrire un texte c’était très compliqué… ». Contrairement a la langue des signes qui même si pour cette dernière le principe reste universelle, si celle-ci connaît une tres grandes diversité y comprit au sein d’un même pays. Le braille n’a pas de frontière : c’est une écriture universelle utilisée dans toutes les langues, tant pour les textes que pour les mathématiques ou la musique. De nombreux objets ou appareils (montres, jeux de société, ascenseurs, ordinateurs…) sont, grâce au braille, adaptés à l’usage des personnes aveugles.
Si le braille continue d’être utilisée au quotidien par les personnes aveugles et malvoyantes dans 147 pays du monde, pourtant, il n’est pas utilisé automatiquement par toutes les personnes aveugles. Il y a notamment une question d’affinité avec l’écriture (utiliser un système “vocal”, plus moderne, est plus pratique pour certaines personnes). Tout dépend aussi comment les personnes ont appris le braille notamment pour les plus jeunes.
Le braille, un outil adapté aux besoins de la personne…
Si Francis ROCHER a appris le braille tout petit, en maternelle, alors qu’il était en institut spécialisé pour jeunes aveugles, il témoigne que c’est aujourd’hui pour des besoins très précis qu’il l’utilise. « Pour lire des boîtes de médicaments par exemple, mais il m’est très utile aussi pour des activités comme le théâtre, que je pratique. En effet, je me fais transcrire mes textes en braille, c’est pour nous les non-voyants la seule façon de pouvoir véritablement prendre connaissance d’un document quand on n’a pas d’ordinateur ou de magnétophone à côté de nous ».
Au centre de Toulouse, comme dans d’autres centres UNADEV, des transcriptions braille sont réalisées au cas par cas selon les demandes, comme l’explique Nadia MERABTENE, assistante administrative. « Le braille a beaucoup d’importance pour une partie de nos bénéficiaires déficients visuels, notamment le plus âgé, qui sont très attachés à cette écriture. Il y a aussi comme chez les personnes voyantes, des personnes qui sont plus attachées au papier qu’à l’informatique. Celles-ci nous demandent alors par exemple la transcription d’un livre en braille ».
Pour le quotidien mais aussi dans le monde professionnel
Avec l’avènement des outils technologiques, le braille est parfois délaissé au profit des appareils vocaux, très pratiques pour les personnes aveugles, à l’instar des nouveaux assistants vocaux (Google Home, Alexa d’Amazon etc.). En tant que formateur en informatique, Francis connaît bien ces nouveaux outils. Il explique, comment il utilise le braille dans des cas précis, « J’utilise beaucoup moins le braille au quotidien que le vocal, même si j’ai appris le braille petit. Les personnes qui deviennent non-voyantes tardivement, vers l’âge de 40 ou 50 ans, ont, elles aussi tendance à préférer des nouveaux outils plus modernes, comme les assistants vocaux ». Francis qui travaille actuellement sur un projet avec les Google Home, dans le cadre d’un partenariat de la marque avec l’UNADEV. « Les téléphones eux aussi ont beaucoup évolué et permettant de réaliser beaucoup de tâches sans une utilisation indispensable du braille », précise-t-il.
Au niveau des repérages qu’une personne met en place à son domicile, le braille se perdrait peu à peu au profit d’objets plus modernes, comme, par exemple le penfriend, un stylo lecteur et étiqueteur vocal. La personne enregistre ses propres étiquettes vocales auto-adhésives et les appose sur des objets chez elle. « On passe le stylo sur les objets, et il nous dit vocalement ce qu’on a enregistré. Cela va beaucoup plus vite que tout écrire en braille », explique Francis.
D’un autre côté, paradoxalement, certains nouveaux métiers du numérique exercés par des non-voyants nécessitent de manière indispensable la pratique associée du braille. Francis nous parle notamment des étudiants en programmation informatique (certains sont ses élèves) : « on leur apprend le braille, car dans les universités ou écoles supérieures ils utilisent les ordinateurs et des plages braille. Une synthèse vocale qui lirait le texte sur l’écran d’ordinateur, avec des lignes de programme comprenant des virgules, des parenthèses et autres symboles spécifiques, c’est très très lourd… La formation au braille est alors indispensable ».
Il y a d’autres avantages à utiliser le braille dans son poste de travail : ainsi avec le système vocal, associé au braille à côté, on se rend mieux compte de la mise en page qu’on fait sur un texte. « Le système vocal nous lit un titre, grâce aux aides techniques spécialisées, mais on peut avoir besoin de vérifier le texte lu par la synthèse vocale. Si on a le braille à côté c’est bien, on peut contrôler lettre à lettre. Mais ce sont des cas spécifiques ». indique Francis.
S’ajoute à cela une autre distinction à faire entre les personnes qui utilisent le braille abrégé et celles qui utilisent le braille intégral. Pourquoi le braille abrégé ? Comme l’indique le site enfant aveugle.com, « une cellule braille a la taille de la pulpe de l’index. Ainsi, un simple mot prend une taille importante. Le braille intégral est donc “encombrant ». De plus, une vision d’ensemble est impossible. Le braille abrégé est donc appris pour remédier à ces deux contraintes, c’est un gain de place et de rapidité de lecture.
Francis ROCHER qui précise que si « le braille abrégé se perd parce qu’en informatique, si on n’abrège pas exactement à la lettre près ou au symbole près, le mot affiché sera complètement faux, l’intégral est donc beaucoup plus utilisé ».
Le braille, une aide parmi beaucoup d’autres…
Il est courant que le braille soit présenté aux personnes aveugles comme une solution toute trouvée, voire unique, alors qu’il existe de nombreux autres outils pour les aider. Un constat fait par Francis, notamment lorsqu’il a séjourné
dans un service de soins de suite et de réadaptation en basse vision, qui accueille des adultes en situation de handicap visuel. « Le braille ne doit pas être présenté comme la solution unique par le corps médical, il faut aussi parler des aides techniques qui existent, et il y en a ». Francis a aussi pu constater que beaucoup de personnes aveugles « continuent à apprendre le braille par curiosité ».
Le braille à l’UNADEV
Grâce à notre Centre de formation adaptée de Toulouse mais aussi partout en France, l’association propose des cours de braille dans divers centres régionaux. Par ailleurs, celle-ci dispose d’un pôle de transcription braille. Ce service assurant la production de documents sur mesure en braille. La transcription de documents se fait en braille intégral ou abrégé (étiquettes, plaquettes, bulletins d’information, documents de travail,…).
Un cyberbraille est basé en région Nouvelle-Aquitaine, à Bordeaux. Cet espace public numérique (EPN) équipé d’ordinateurs adaptés, de scanners, de plages et d’imprimantes brailles permet à tous de travailler en autonomie ou en tutorat avec un animateur multimédia. L’association qui régulièrement dans cet espace accueille ces fournisseurs de matériels adaptés pour des démonstrations et présente des animations d’ateliers autour des nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC).
Des voeux du nouvel an en Braille...
Vous aussi vous voulez découvrir ou faire découvrir l'écriture braille à vos proches en leur envoyant un message ? C’est très simple : il vous suffit de vous rendre sur le site message mystère et d’écrire votre message qui sera automatiquement transcrit en braille. Envoyez-le à la personne de votre choix : elle recevra de votre part un message mystérieux et n’aura qu’à se rendre sur le site pour découvrir tout ce que vous lui souhaitez pour 2019.
La Rédaction
en collaboration avec l'UNADEV
Publication : 03/01/2019
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