Journée internationale du handicap sous le thème : « Atteindre 17 objectifs pour l'avenir que nous voulons »
Créée en 1992 par l’Organisation des Nations Unies, la journée internationale des personnes handicapées a lieu comme chaque année le 3 décembre. Avec pour intitulé en 2016 « Atteindre 17 objectifs pour l'avenir que nous voulons ». Un thème qui fait suite à leurs récentes adoptions dans le cadre de développement durable (ODD) et qui « souligne leur rôle dans la construction d'un monde plus inclusif et plus équitable pour les personnes handicapées ». Des hommes, des femmes et des enfants qui dans le monde plus d'un milliard de personnes, soit environ 15% de la population mondiale, vivent avec un handicap et 80% vivent dans des pays en développement dont douze millions en France et 90 millions en Europe.
La Journée 2016 qui coïncide cette année avec le 10e anniversaire de l'adoption de cette Convention, qui figure parmi les traités internationaux les plus rapidement et largement signés et ratifiée à ce jour. Des individus qui ne voient leurs situations évoluer de façon lente et parfois régresser dans le monde... et même en danger dans des pays en guerre comme en Syrie actuellement.
A la veille de la Journée internationale des personnes handicapées, le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a exhorté vendredi les gouvernements nationaux et locaux, les entreprises et tous les acteurs de la société à
intensifier leurs efforts pour mettre fin à la discrimination et à lever les obstacles qui empêchent les personnes handicapées de pleinement jouir de leurs droits civils, politiques, économiques, sociaux et culturels.
« Il reste beaucoup à faire pour que les personnes handicapées puissent mettre à profit tout leur potentiel et soient appréciées comme des membres à part entière de la société. Il nous faut lutter contre les stéréotypes et la discrimination qui perpétuent l’exclusion et créer un environnement accessible, favorable et ouvert à tous. Pour garantir le succès du Programme 2030, les personnes handicapées doivent participer à sa mise en œuvre et à son suivi, en prenant pour guide la Convention » a-t-il précisé
Dix ans d’existence...
La loi française du 11 février 2005 portant sur l'égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées, définit le handicap comme suit dans son article 114 : « constitue un handicap (...) toute limitation d'activité ou restriction de participation à la vie en société subie dans son environnement par une personne en raison d'une altération substantielle, durable ou définitive d'une ou plusieurs fonctions physiques, sensorielles, mentales, cognitives ou psychiques, d'un polyhandicap ou d'un trouble de santé invalidant ».
Pourtant dix ans après comme le revendique Groupement français des personnes handicapées (GFPH), membre de l'Organisation mondiale des personnes handicapées dans un communiqué « Pour nous, les droits de l'Homme ont dix ans ! (...) » celle-ci exprime dans son communiqué que « la France, avec les autres membres des Nations unies, s'est engagé dans un programme ambitieux dit regretter que celui-ci ne « soit applicable peut être qu’a l’horizon 2030... »
La France voient les droits stagner ?
À la veille de la journée internationale des personnes handicapées, M. André VALLINI endossera sur place, au nom de la France, la charte pour l’intégration des personnes handicapées dans l’action humanitaire au siège de l’ONG Handicap international à Lyon. Portée par Handicap international, cette charte a été présentée lors du sommet humanitaire d’Istanbul en mai dernier.
La France qui avait rejoint ainsi les 140 États, organisations internationales et ONG signataires s’engagent pour que l'aide au développement tienne compte des besoins spécifiques des personnes handicapées, sur la base des principes de non-discrimination, et favorise leur participation à la conception des programmes humanitaires. Cette visite au siège de Handicap international a été l’occasion de saluer l’action courageuse menée par cette organisation depuis sa création en 1982.
La France qui pourtant de nombreuse initiative et la solidarité très présente des Français comme vendredi et samedi qui sera aussi l’occasion de la 30e édition du téléthon et qui a permis de nombreuse avancé scientifique contre les maladies rares voient de nombreux retard dans l'applications de ces promesses plus de dix ans après le vote de la loi du 11 février 2005.
Éducation, les exemples son nombreux...
La France reste encore aujourd’hui a la traîne en matière d’inclusion éducative notamment concernant les enfants comme le reconnaît l’OCDE, mais aussi en matière d’emploi avec un chômage qui n’a eu de cesse progressé ces trois dernières années et notamment en 2013 et 2014. Tout comme le GFPH qui rappel l’extrait de la convention et le seul article qui selon elle fait explicitement référence aux personnes handicapées traçant l’objectif de « Faire construire des établissements scolaires qui soient adaptés aux enfants, aux personnes handicapées et aux deux sexes ou adapter les établissements existants à cette fin et fournir un cadre d’apprentissage effectif qui soit sûr, exempt de violence et accessible à tout » cela étant, il reste que l'accompagnement des élèves dits handicapés n'est toujours pas à la hauteur des besoins, ce qui remet gravement en cause leur insertion scolaire la réduisant trop souvent à quelques heures par semaine !
Emploi...
Un taux qui atteint et dépasse les 23 %. Auquel s’ajoute les nombreux retours en arrière des politiques malgré des engagements et des promesses concernant l’accessibilité remise aux calanques grecques et notamment en 2024 avec les agendas programmés que les collectivités sont contraintes de présenté et que tout n’ont toujours pas faites a ce jour !!! Oui les entreprises adaptées ont permis des améliorations tous comme les Esat, mais la solution primaire n’est telle pas avant tout dans le principe d’une inclusion en milieu ordinaire ?
Logement et Accessibilité...ou vie quotidienne
Or aujourd’hui, la moitié des Français déclarent travailler dans un lieu non accessible aux personnes handicapées et 68 % vivent dans un logement inadapté : largeur de porte ne permettant pas l’accès aux fauteuils roulants, pas d’ascenseur ou de rampe lorsqu’il y a des marches et un espace insuffisant pour les fauteuils roulants dans les sanitaires auquel s’ajoute évidemment ceux concernant un handicap visuel, auditif ou mental... Il reste que l'Ordonnance du 26 septembre 2014 multiplie les dérogations de convenance, et qu’il faut s’attendre à une crise majeure du logement lié aux questions d’accessibilité et de maintien à domicile d’une population chaque jour plus vieillissant.
19 % des Français trouvent que les programmes télévisés donnent des personnes handicapées l’image de personnes assistées, qui se reposent sur le système. Les ¾ des Français, d’entre eux considèrent les personnes handicapées comme non autonomes ou en partie seulement. Seuls 29 % pensent qu’elles peuvent mener leur vie au quotidien de manière autonome (34 % parmi les personnes concernées par le handicap), selon un sondage Opinion Way pour l’Adapt
Pourtant, sur la question de l’accessibilité la Convention est très claire : Les personnes en situation de handicap rencontrent d’innombrables obstacles qui rendent inaccessible l’exercice de leurs droits, et ces obstacles font
partie intégrante du concept de « handicap » tel que défini dans la Convention internationale relative aux Droits des Personnes handicapées (CDPH).
Des politiques parlant beaucoup....
Mais des promesses que les politiques n’ont eues de cesse de ne quasiment pas tenir autant celle prononcée lors des Conférences nationales du handicap que celle pour lequel le premier ministre été aujourd’hui notamment a Nancy à l’occasion du deuxième CIH de ce quinquennat afin de réaliser le suivi du plan d’action gouvernemental en faveur des personnes en situation de handicap et de présenter les nouvelles mesures que le Gouvernement entend mettre en œuvre. Associant les collectivités territoriales et les associations, le CIH permettra un temps d’échange entre le premier ministre et les ministres et des personnes en situation de handicap, et avec les acteurs locaux et nationaux mobilisés.
Le GFPH qui conclut son communiqué que « Si la France est engagée sur le chemin tracé par la CDPH et les autres Conventions, elle reste encore en de nombreux points trop timoré et restreint par des groupes de pression qui ne veulent rien changer dans leurs pratiques. Faire accessible et adaptable est une logique durable, pour que chacun puisse contribuer à l’effort collectif au mieux de ses capacités et le plus longtemps possible ».
La Convention relative aux droits des personnes handicapées reconnaît elle-même et l’ONU, l'existence de barrières qui constitue une composante essentielle de l'invalidité. En vertu de la Convention, « la notion de handicap évolue et que le handicap résulte de l’interaction entre des personnes présentant des incapacités et les barrières comportementales et environnementales qui font obstacle à leur pleine et effective participation à la société sur la base de l’égalité avec les autres ».
Des acteurs qui n’ont plus grandement d’espoir dans cette politique...
Stéphane LAGOUTIERE
Source : ONU/Association
Publication : 02/12/2016
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