1,7 Mds€ de médicament gaspillé chaque année au fond de la boite a pharmacie des Français : Un triple enjeu !
Dans un rapport «Le bon usage des produits de santé », la Cour des comptes met en lumière l’ampleur des pertes et des risques liés au mauvais usage des médicaments et dispositifs médicaux. Une perte représentant en 2023, pour une valeur estimée de 561 M€ à 1,7 Mds€. Elle appelle à des mesures fortes pour améliorer la sécurité des patients, réduire les dépenses et limiter l’impact environnemental. Chaque année en France ce sont 8 500 tonnes de médicaments qui doivent être détruits.
Un triple enjeu…
Un rapport réalisé sur la base des 15 000 références de médicaments prises en charge par l’assurance maladie. Mais aussi les dispositifs médicaux, eux, constituent un vaste ensemble de produits très hétérogènes comprenant par exemple les pansements, les fauteuils roulants et les seringues. La Cour rappelle que le « bon usage » ne se limite pas à éviter le gaspillage. Il recouvre un triple enjeu. Celui de l’utilisation effective, pour éviter que des produits prescrits et remboursés soient détruits sans avoir été utilisés. Mais aussi la Conformité sanitaire. Enfin l’efficience économique afin d’optimiser le rapport qualité/prix, en tenant compte des conditionnements et des durées de péremption.
Un gaspillage difficile à calculer…
La Cour constate un manque de données précises sur les pratiques de prescription, de dispensation et sur les volumes de produits jetés. Elle estime, à partir des collectes de l’éco-organisme Cyclamed, que la valeur des médicaments non utilisés et jetés en ville se situe entre 561 M€ et 1,735 Mds€ par an, soit une hausse de près de 12 % par rapport à 2019, selon que l’on inclut ou non les médicaments les plus coûteux. Pour améliorer le « bon usage » des produits de santé, il est indispensable de mieux connaître et maîtriser leurs modalités de prescription et de dispensation. Raison pour lequel la Cour propose à ce sujet quatre recommandations clé. Celle de communiquer régulièrement aux établissements de santé les profils de prescription de leurs professionnels. Intégré dans le dossier médical partagé les données de délivrance pharmaceutique. Enfin de réalisé des études sur ces déchets en ville ou encore mettre en place une remontée centralisée des produits jetés dans les établissements de santé. Au cours des cinq dernières années, la progression des dépenses de médicaments a été plus importante en établissements de santé qu’en ville, avec une progression annuelle moyenne de 11,2 % en établissements, contre 6,3 % en ville. La forte dynamique des dépenses de médicaments constatée en établissements concerne principalement les dépenses de la liste en sus15, qui sont passées de 4 Md€ en 2019 à 6,8 Md€ en 2023, soit une progression annuelle moyenne de 14 %.
En France de plus en plus d'infirmières libérales s'organisent pour lutter contre le gaspillage elles ont d'ailleurs créé un « Collectif Convergence Infirmière ». Selon Ghislaine SICRE « il y a beaucoup de l'aspirine y a du gaspillage sur les dispositifs médicaux il y a du gaspillage aussi sur les compresses, on contrôle toutes les ordonnances chez le patient vérifier qu’il n’y a pas des doublons voire également aussi en gestion de stock qu'est-ce qu'il qu'est-ce qu'il lui reste ».
Une notion économique…
Alors que le gouvernent s’apprête à savoir s’il accepte ou non la proposition au travers d’un discours de politique général que tiendra le Premier ministre François BAYROU, concernant le budget 2026. Un budget qui demande au Français près de 44 Mds €. Parmi l’une des recommandations de la Cour des comptes celui de mieux contrôler les prescriptions. « Des situations peuvent par ailleurs induire des coûts supplémentaires pour le système de santé (…) Le premier d’entre eux est un nouveau dispositif d’accompagnement de la prescription » concernant les professionnels de santé. Mais aussi avec les pharmaciens d’officines qui « peuvent ainsi contribuer à réduire les dépenses, (…) en substituant, lors de la dispensation, un médicament ». Au cours des cinq dernières années, la progression des dépenses de médicaments a été plus importante en établissements de santé qu’en ville, avec une progression annuelle moyenne de 11,2 % en établissements, contre 6,3 % en ville. Parmi les solutions celui d’adapter sa distribution.
Comme l’indique Yannick BERGER Pharmacien Porte-Parole de la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France. « Quand le patient vient avec l'ordonnance à l'officine il n’a pas l'obligation de prendre tous les médicaments il peut revenir donc là c'est un dialogue en fait avec le patient et les soignants en disant, tiens est-ce que vous en avez réellement besoin on adapte ». Une prescription à l'unité source d'économie, beaucoup pratiquée dans des pays comme l'Australie les États-Unis le Canada. Mais aussi chez certains de nos voisins l’ayant adopté la Cour des comptes doit bientôt rendre un rapport pour juger de l'efficacité de cette pratique. Comme en Angleterre, en Allemagne pour une partie d’entre eux, ou encore le Portugal, Espagne : avec une approche ciblée sur certaines classes thérapeutiques, surtout les antibiotiques.
Une notion sanitaire et écologique…
Concernant les enjeux, il est important de ne pas oublier celui sanitaires. Avec un mauvais usage des médicaments et dispositifs médicaux peut se traduire pour le patient par des effets indésirables, allant de simples inconforts à des réactions plus graves, y compris mortelles. En témoignent des crises de santé publique ayant pour origine directe un usage inapproprié de médicaments, comme le Benfluorex (affaire du Médiator®) ou encore celui de Sanofi avec la Dépakine un antiépileptique. La Cours précisant « Des situations de mésusage persistent aujourd’hui et incitent à la vigilance des autorités sanitaires, en particulier dans le domaine des médicaments antalgiques, anti-infectieux, antiulcéreux œsogastriques ou antidiabétiques . Il en est de même pour certains médicaments prescrits à des populations présentant des risques ou vulnérabilités, à l’instar des femmes enceintes ou des personnes âgées ».
Mais aussi écologique, même si cette notion et plus difficile à comprendre pour les millions de Française et de Français celle-ci demeure néanmoins bien présente. Pour autant il existe une émergence des préoccupations environnementales et le respect des engagements internationaux en matière de transition écologique renforcent également l’exigence de bon usage des produits de santé. Les secteurs sanitaire et médico-social représentent en effet 50 à 60 millions de tonnes d’émissions de gaz à effet de serre, soit 8 à 10 % du total des émissions de la France. De même, la présence de résidus issus des médicaments dans les eaux est généralisée ; il pourrait en résulter à l’avenir à une augmentation des coûts de traitements des eaux usées.
Conclusion…
Ce rapport met en lumière un paradoxe : alors que les dépenses de santé augmentent et que les tensions d’approvisionnement se multiplient, une part importante des produits prescrits n’est jamais utilisée. En renforçant la traçabilité, en adaptant les conditionnements et en développant la réutilisation, la France pourrait réaliser des économies substantielles, améliorer la sécurité des patients et réduire l’empreinte écologique du secteur. Le rapport insiste aussi sur l’urgence d’intégrer une logique d’économie circulaire. « En réutilisant un dispositif médical ou redistribuer un traitement onéreux, c’est à la fois protéger l’environnement et garantir l’accès aux soins notamment des médicaments les plus onéreux comme dans celui de certains dispositifs médicaux », affirme la Cour.
Systhése du Rapport de la Cour des Comptes « Le bon usage des produits de santé »
Publication : 05/09/2025
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