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Les députés votent la suspension de la réforme des retraites de 2023…Quelle répercussion pour les futurs retraités ?

Résultat du vote des députés pour la suspension de la réforme des retraites par 255 voix pour et 146 contre © Capture écran Assemblée nationale 2025

Ce 12 novembre aura été lui marqué à l’Assemblée nationale par le vote à une très large majorité de 255 voix pour et 146 voix contre de la suspension de la réforme des retraites en vigueur depuis 2023. Un vote auquel les députés d’Emmanuel MACRON auront préféré s’abstenir. Un vote qui aura forcément un cout, mais lequel ? Un vote qui concerne aussi les carrières longues ainsi que celle dites « actives » et « super actives ». Un vote qui rentrera en application que si le PLSS 2026 et voté…

La réforme portée par Élisabeth Borne en 2023 et adoptée par 49.3, pourrait dans tous les cas, si cette suspension et également validée par le Sénat, pourrait entraîner des changements pour certains Français. Un vote obtenu avec le soutien majoritaire du PS, des écologistes, du RN, et l'abstention des députés Renaissance. LFI et les communistes ont voté contre, dénonçant un simple "décalage" de l'application de la réformeLe ministre du travail Jean-Pierre FARANDOU, rappelant les principes de cette suspension des retraites résultat d'un compromis et dans lequel le gouvernement ajoute les carrières longues et dite « actives » et « super actives » jusqu'au 1er janvier 2028 juste avant le vote de l'article 45 bi © Capture écran Assemblée nationale 2025 emblématique du second quinquennat d'Emmanuel MACRON.

Qui cela concerne-t-il ?
Il faudra tout de même que le budget 2026 soit adopté. Si c'est le cas qu'est-ce que cela change. Les actifs nés entre 1964 à 1968. Concrètement, une personne née en 1964, pourra partir à la retraite à 62 ans et 9 mois (comme la génération 1963) au lieu de 63 ans avec la réforme Borne. Pour partir à taux plein il faudra valider 171 trimestres au lieu de 172 actuellement.

Pour la génération de 1965, l'âge de départ sera fixé à 63 ans contre 63 ans et 3 mois sous la réforme d'Élisabeth Borne. Le taux plein sera fixé à 171 trimestres au lieu de 172. En revanche, pour la génération 1966, le nouvel âge légal sera de 63 ans et 3 mois. Le nombre de trimestre reste, lui, à 172 trimestres, sans changement avec la réforme de 2023.

Pour les actifs nés en 1967, l'âge de départ légal est de 63 ans et 6 mois. Le nombre de trimestres à valider reste fixé à 172 pour bénéficier du taux plein. La génération 1968 était, jusqu'à présent, la dernière à profiter du décalage de la réforme des retraites. Cette tranche d'âge pourra partir à 63 ans et 9 mois au lieu de 64 ans en ayant cumulé 172 trimestres. Avec un report de la réforme au premier janvier 2028, la génération 1969 sera la première à partir à la retraite à 64 ans.

Autre nouveauté cette suspension vaut aussi pour les carrières longues ou encore les carrières professionnelles dites « actives » et « super actives » telle que les pompiers, infirmiers ou policier.

Julien et Ahmed deux personnes concernées…
Deux ans à réparer des voitures cela peut paraitre long quand vous avez derrière vous 43 années d’activités. Pour julien garagiste-carrossier à Toulouse, âgé de 61 ans il devrait pouvoir ainsi quitter son travail avec trois mois d’avance. Un gain nécessaire pour cet homme qui se dit à « bout de souffle », dans un métier ou selon la « pénibilité fait partie de notre quotient ». Situation pour Ahmed qui travail depuis l’âge de 17 ans comme peintre en bâtiment et âgé de 61 ans il aurait dû partir de manière anticipée à la retraite dès le mois de juillet 2026 si le vote est acquis il va pouvoir partir à la retraite à 61 ans et 8 mois avec le gel de la réforme.

Quel coût pour les Français…
Marine Le PEN dans son intervention lors de la discussion de l'article 45 Bis pour la suspension de la réforme des réformes des retraites rappelant  que seule le RN avait su être cohérent dans ces votes © Capture écran Assemblée nationale 2025sAvec au total 3,5 de français concernés. Le coût de la mesure avait été initialement évalué à 100 M€ en 2026 et 1,4 Mds€ en 2027 par le gouvernement, mais qui grimpera finalement, avec son élargissement avec les carrières longues et « actives » et « super actives » pour atteindre 300 M€ en 2026 et 1,9 Mds€ en 2027. Soit un coût total de 2,2 Mds€ de dépenses supplémentaires pour l'état pour permettre à ces 4 générations de quitter leur travail trois mois plus tôt.

C’est un montant important mais qui ne me semble pas colossal pour certains français et députés par rapport aux enjeux budgétaires auxquels le pays doit faire face et alors il y a assurément des possibilités d'aller chercher cet argent ailleurs reste à savoir où le trouver dans un contexte budgétaire très tendu. Les députés qui comptent désormais s'appuyer sur une hausse de la CSG. Les parlementaires ayant adopté un amendement pour relever son taux à 10,6% sur les revenus du capital l'assurance vie par exemple la vente d'actions ou encore certains revenus de l'immobilier cette hausse devrait rapporter 2,8 Mds€ l'examen du budget de la sécurité sociale doit se terminer ce soir à l'Assemblée nationale avant d'être étudiée au Sénat qui devrait largement revoir la copie également. A noté les députés ayant voté également la suppression du gel des pensions de retraite et des minima sociaux, avec l’aval du gouvernement.

Des avis politiques divergeant…
Le Rassemblement national (RN), opposant de longue date à la réforme et qui compte le plus grand nombre de députés au Palais-Bourbon, a pourMathilde PANOT député et présidente du Groupe LFI affirmant que LFI ne voteront jamais cette suspension tout pour ouvrir la voie a la retraite par capitalisation © Capture écran Assemblée nationale 2025 sa part votée en faveur de l'article 45 bis du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) prévoyant la suspension de la réforme. Un financement pour lequel les députés RN que « cette mesure ne serait pas un problème (…) il y a des économies à faire sur un certain nombre de tabous sur le coût de l'immigration aujourd'hui et notamment des prestations non contributives qui sont versées à des étrangers qui n'ont jamais cotisé en France, ainsi que la question de cette gabegie de l'argent public ou la question de la fraude sociale fiscale ». Marine Le PEN insistant dans l'hemycle « Nous serons les seuls à être cohérents : en attendant son abrogation, nous allons voter pour suspendre la réforme Borne », jugé selon elle  comme « injuste socialement et inefficace économiquement ».

Du côté des Républicains en revanche, le président du parti Bruno RETAILLEAU, a qualifié ce vote de "capitulation" de la part gouvernement et affirmant sur X d’être "effaré par la lâcheté du gouvernement, qui vient de sacrifier l'avenir de nos jeunes générations sur l'autel de sa survie politique. Cette décision irresponsable, prise sous le diktat du PS avec la complicité du RN, va coûter des milliards à la France".

Laurent WAUQUIEZ appelant a dire dire la vérité au français et que cette suspension n'est que hypocrisie et mensonge © Capture écran Assemblée nationale 2025Un vote qui selon le Député Manuel BOMPARD des Bouches-du-Rhône, et coordinateur national de LFI a estimé sur le réseau social X que « Aucun Français ne gagnera avec le décalage de la retraite à 64 ans ». Peu avant le vote, la présidente du groupe LFI à l’Assemblée nationale, Mathilde PANOT avait déclaré dans l'hémicycle que « Les Insoumis ne valideront jamais par leur vote les deux années de vie volées au peuple de France ». Précisant que LFI n'accepteront « pas que 15 000 personnes supplémentaires meurent chaque année avant d’avoir vécu un seul jour de leur retraite. Nous n’acceptons pas que les femmes soient les grandes perdantes alors qu’elles se demandent déjà comment tenir jusqu’à 67 ans avec la décote. Surtout, nous n’acceptons pas que ce décalage se fasse au prix de coupes sur le dos des retraités et des malades, dans votre budget de la sécurité sociale».

Les syndicats, comme la CFDT ont salué une « excellente nouvelle » et s'est félicitée « du premier coup d'arrêt donné » à la réforme des retraites, après sa « suspension ». La CGT qui continue de réclamer son abrogation. Dans un communiqué celle-ci regrette que « Le gouvernement ayant refusé tous les amendements visant à bloquer l'application de la réforme pour l'ensemble des générations, les 64 ans restent malheureusement dans la loi ».

Gabriel ATTAL ancien Premier ministre, et président du groupe des députés Ensemble pour la République (EPR), à lui expliqué dans l'hémicycle « Nous ne voulons pas nous mettre en travers du compromis conclu entre Sébastien LECORNU et les socialistes ».

En conclusion : Victoire ou Défaite ?...
Si manifestement le PS a réussi à faire plier le gouvernement et le président ainsi que ces députés. C’est avant tout simplement retirer un morceau de scotch sur un système des retraites qui prend l'eau de toutes parts. On ne peut pas dire que la victoire soit réelle et encore moins acquise. Car comme son l’indique il s’agit avant tous d’une pose temporaire jusqu’à la présidentielle de 2027. Ainsi à partir le relèvement à 64 ans reprendra en 2028, sauf dans le cas d’une nouvelle réforme. Une suspension qui obligera donc les candidats en 2027 a exprimé leurs choix et leurs idées face à une France divisée entre le maintien de la réforme qui répond aussi à baisse de la natalité en France. Ou a la mise en œuvre de d’autre système de retraite comme celui de la capitalisation.

 

Rédacteur(s) : Stéphane LAGOUTIÉRE
Source(s) : Assemblée nationale 
Catégorie : PARLEMENT
Publication : 12/11/2025
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