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La présidente de l’Unapei au micro, a l’occasion de la conférence de presse le 19 février sur les grands projet de l’association.© FHI /E.Glob TVLa présidente de l'Unapei et son directeur Thierry NOUVEL ont tenu le 19 février une conférence de presse au cours de laquelle ils ont présenté les grandes lignes du projet associatif qui sera voté a à l'assemblée générale de mai prochain. L'association qui présentait également le « RDB », un logiciel de recensement des données fines sur les besoins des personnes handicapées mentales. Dernier objectif, le lancement de nouvelles actions judiciaires contre l'administration d'État et des collectivités face au non-respect du droit à compensation des personnes handicapées sans solution. À l'issue de cette conférence, nous avons posé quelques questions voici ce que nous a répondu la présidente Christel PRADO.

France Handicap Info --- Vous avez annoncé un nouveau projet associatif lors de votre conférence de presse le 19 février, ou la défense « des droits qui représente l'ADN de l'Unapei un droit théorique qui doit devenir effectif selon vous », mais cela signifie-t-il un bouleversement ou une évolution pour l'Unapei et où se trouve désormais la place personne handicapée mentale notamment dans son droit d'expression ?

Christel PRADO --- Le projet associatif de l'Unapei datait de la promulgation de la loi du 11 février 2005. Il ne pouvait donc pas prendre en compte les évolutions apportées notamment par la mise en œuvre d'un droit à compensation. Depuis la crise économique est apparue, le paysage administratif a évolué (loi HPST de 2009) et il nous fallait réajuster notre projet à ces réalités. En période de vaches maigres, seule le sens politique d'un projet et sa force effective peuvent changer la donne. L'Unapei s'est construite sur la confiance qu'elle portait dans les capacités et l'humanité des personnes déficientes intellectuelles. D'une période de protection, nous sommes passés à la promotion, puis à la citoyenneté et enfin, à la capacité à s'auto-déterminer des personnes handicapées. L'Unapei, c'est le « pouvoir d'agir ». Pouvoir d'agir des personnes handicapées, pouvoir d'agir des familles, pouvoir d'agir des associations.

F.H.I --- Vous avez parlé vous-même et votre directeur de cinq thématiques dont la communication ne correspond pas a l'image et aux objectif de l'Unapei ou de partenariat quel sont aujourd'hui les perspectives ? Et quel sont aujourd'hui les questions qui reste en discussion avant l'assemblée générale ?

Christel PRADO --- Oui, l'Unapei est la plus grande association représentative des personnes en situation de handicap et de leurs familles, en France et même en Europe. C'est elle qui tout au cours de l'année est la plus présente au travers des médias. Et pourtant ça ne se voit pas. Parce que chaque association affiliée à l'Union porte un nom différent que peu rattachent à l'Unapei. Il faudrait que la « marque » Unapei, dont nous sommes tous fiers, se décline dans chaque nom d'association locale. Quant aux thèmes qui sont en discussion, ils portent sur l'élargissement de la représentation aux différents types de handicaps des personnes accompagnées par les associations de l'Unapei (polyhandicap, autisme, handicap psychique, infirmité motrice cérébrale, ...), sur l'organisation interne de notre Mouvement, sur son modèle économique, sur l'adaptation de l'action familiale aux impératifs de la vie d'aujourd'hui et sur les priorités politiques de l'Unapei

F.H.I --- Une conférence où vous avez présenté avec votre directeur Thierry NOUVEL, le logiciel du XXIe siècle chargé de recueillir des données censées mieux répondre aux besoins des personnes handicapées. Estimez-vous que l'État ne puisse y répondre et y a-t-il un manque de confiance dans institution existante actuelle ?

Christel PRADO --- Les systèmes d'informations existent depuis longtemps et l'administration fiscale a su s'en emparer avec brio aussitôt pour améliorer ses performances. Ce n'est pas le cas de l'ensembles des Ministères et Collectivités. Pour les politiques en faveur des personnes handicapées, on ne sait que le nombre de bénéficiaires et le montant de la dépense publique mais on n'est pas en capacité de connaître les besoins. C'est un manque de volonté politique. On ne peut pas piloter sans évaluer. Lassée d'attendre un outil venant des pouvoirs publics et respectueux de la complexité des singularités de chaque individu, l'Unapei a souhaité répondre à ce défi. Et nous avons réussi. Il suffira que chaque association s'en empare. Nous parviendrons ainsi, tous ensemble, à objectiver les besoins et à obtenir les moyens d'y satisfaire.

L'un des créateurs présentant le 19 février 2013 le « RDB », un logiciel de recensement des données fines sur les besoins des personnes handicapées mentales .© FHI /E.Glob TVF.H.I --- Un logiciel qui sera mis à la disposition des départements, mais concernant à la fois la protection des données, et ne pensez-vous qu'il soit dommage qu'il soit réduit uniquement a l'handicap mental ?

Christel PRADO --- C'est une première étape. Qui trop embrasse mal étreint. Mais nous avons la volonté de construire avec les acteurs concernés et donc experts, les adaptations nécessaires s'ils le souhaitent.

F.H.I --- vers quelle date compter vous commencer a exploiter ces données et a destination de qui seront telle disponible ?

Christel PRADO --- Le produit est en test grandeur nature dans trois régions. Il fonctionne depuis huit ans déjà en Meurthe-et-Moselle. Avec succès. Nous allons le déployer dès septembre 2013 pour une remontée effective des données (il faut prendre le temps de les saisir ou de les reprendre) dès le premier semestre 2014

F.H.I --- Vous annoncé annoncez que l'Unapei va engager une bataille juridique pour rendre effectif le droit à compensation des personnes handicapées sans solution. L'association s'est lancée auparavant déjà dans des batailles juridiques. Vous affirmez vouloir engager un nouveau procès pour rendre effectif le droit à compensation des personnes handicapées sans solution. Mais pensez-vous avoir réellement les arguments alors même que l'État annonce certaines restrictions budgétaires pour 2014 ? Et ces batailles se réduise-t-elle à cette question ?

Christel PRADO --- La bataille juridique est aux antipodes du débat budgétaire. C'est une reconnaissance d'un droit qui est une loi de citoyenneté. Si on bafoue ce droit, on bafoue la citoyenneté des personnes handicapées.

F.H.I --- Vous avez fait référence aux nombreux échecs de la politique du handicap, qu'il s'agisse des MDPH dans le cas de la décentralisation ou venez de gagner une victoire ? Mais reste de nombreux sujets comme l'accessibilité qui ne sera pas appliquée, en 2015 et où la personne déficiente mentale n'est pas souvent prise en compte. Ou encore des difficultés scolaires ou du vieillissement. Voire même la sexualité sujette largement taboue, En bref pensez qu'il est volonté politique du handicap en France ?

Christel PRADO --- Il y a sans conteste une volonté politique sinon la loi du 11 février 2005 n'aurait jamais été votée. Néanmoins, penser la citoyenneté et l'inclusion est compliqué pour une société basée sur la performance et l'individualité. Conjuguer respect des singularités et cohésion sociale est la recette gagnante de la politique de demain.

F.H.I --- Aux finales madame la présidente à deux mois de la prochaine assemblée générale de l'association, comment vous voyez l'inclusion des personnes handicapées mentales et des personnes handicapées dans leur ensemble pensez-vous notamment que l'engagement et promesse du Président François HOLLANDE seront véritablement tenu ?

Christel PRADO --- L'Unapei fera tout pour l'accompagner dans la tenue de ses promesses. Les associations sont des partenaires exigeants du Vivre Ensemble. Elles sont des poissons pilotes des politiques publiques. Nous posons les limites quand il y a sortie de route. C'est ça une démocratie qui gagne. C'est celle qui fait confiance à toutes ses composantes

Stéphane LAGOUTIERE
Interview réalisé le 19 Février 2013 a Paris

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